Comment gérer la masse de données quand on est photographe ?
Disques externes LaCie et compagnie VS NAS Synology
8 disques durs externes LaCie, des centaines de milliers de photos et vidéos accumulées sur 10 ans, 500 euros de dépenses annuelles pour racheter de la mémoire physique... Je suis arrivé au bout de ce système. L’angoisse de devoir dédoubler toutes ces données au cas où un disque cesse brusquement de fonctionner, sans parler du risque de perte ou de vol… Je pense que tout photographe ou vidéaste, professionnel ou amateur, peut se reconnaître dans cette situation. Perdre ses souvenirs personnels ou les images d’une prestation photo : un véritable cauchemar.
Et puis en photo animalière, je fais beaucoup de rafales et j’ai du mal à supprimer des séries entières de clichés. Il était temps de tout reprendre pour avoir une gestion intelligente de mes données. Je vous emmène avec moi dans mon parcours du mois de mars.
L’objectif pour une sécurité maximale : la méthode "3-2-1"
Pour une gestion des données à la fois précise, complète et sécurisée, la méthode la plus connue est la "3-2-1" :
3 sauvegardes : un fichier doit exister à trois endroits différents, donc trois copies.
2 sur des supports physiques différents : si vous stockez sur des disques durs externes, alors un fichier doit être présent sur deux supports distincts : le disque de travail actif et un disque de sauvegarde, ou bien un NAS (on en parle après).
1 sauvegarde hors site : en cas de cambriolage, d’incendie ou d’accident domestique (comme une tasse de café renversée sur le bureau...), il est essentiel de conserver une copie de ses données ailleurs. Cela peut être chez un proche ayant de la place ou sur un serveur cloud.
Actuellement, effectuer autant de copies est pour moi impossible financièrement. En revanche, je peux déjà commencer par avoir deux bonnes copies.
Le NAS Synology : une solution durable pour le stockage
Un NAS est une solution d’hébergement physique des données, accessible par connexion réseau. Mes fichiers sont stockés chez moi, mais j’y accède à distance via Internet et peux traiter mes photos sur Lightroom depuis mon lieu de travail.
Le second grand intérêt de cet outil est la reconstitution des données. Selon le type de RAID choisi, si l’un des disques du NAS cesse de fonctionner, les données ne sont pas perdues, elles sont récupérées automatiquement. Un vrai soulagement pour un photographe.
Les types de RAID et mon choix
RAID 1 : toutes les données présentes sur le NAS sont dupliquées. Pour 1 Go de données sur un disque, une copie de 1 Go est stockée sur un second disque. Si vous avez 16 To de disques (4x4 To par exemple), vous ne pouvez stocker que 8 To de données.
RAID 5 : sur un NAS à 4 disques, l’équivalent d’un disque est utilisé pour la sécurité. Si un disque tombe en panne, les données sont reconstituées. Sur 16 To de stockage brut, 12 To sont disponibles.
RAID SHR (Synology Hybrid RAID) : propre à Synology, il fonctionne comme un RAID 5 mais permet d'utiliser des disques de tailles différentes.
Actuellement, j’ai 3x4 To + 1x10 To, ce qui me permet d’héberger 12 To de données.
Avantage : on peut remplacer les disques progressivement pour augmenter la capacité de stockage. Mon objectif est d’échanger les 4 To par des 14 To et d'atteindre un total de 42 To disponibles.
Exemples d’utilisation du NAS pour un photographe
Le NAS semble parfaitement adapté aux besoins des photographes. Voici quelques usages que j’ai identifiés et que je testerai plus en détail dans les semaines à venir :
Sauvegarde à distance
Lorsque je suis en reportage sur plusieurs jours, je peux envoyer chaque soir une copie de mes fichiers sur mon NAS via Internet. Ainsi, en cas de vol, de chute ou d’immersion de mon disque dur sur le terrain (des classiques !), toutes mes données sont déjà sauvegardées.
Accès aux fichiers depuis le NAS
Je suis impatient de tester ce point : en théorie, je peux ouvrir mes photos directement depuis le NAS dans Lightroom. À terme, il pourrait remplacer mon disque dur de travail. Je vais voir ce que cela donne en situation, par exemple dans un train ou lors d’une mission éloignée.
Travail collaboratif
Pour les projets de groupe, finis les services cloud limités en volume ! Je peux créer un dossier partagé sur le NAS où mes collègues (cadreurs, photographes) peuvent déposer leurs images facilement. Une énorme simplification pour les projets collaboratifs comme mon court-métrage sur l’hermine.
Quel NAS ai-je choisi ?
J’utilise un NAS 4 baies avec un volume global de 16 To (4x4 To), soit 12 To utilisables en RAID 5.
Installation des disques dans le NAS
J’en suis très satisfait pour l'instant et je le découvre encore. Côté bruit, il est silencieux en fonctionnement normal. Lorsqu'il effectue un nettoyage de données, il peut être un peu plus audible, mais rien de gênant. Pour des raisons de sécurité, je recommande de ne pas le placer au milieu du salon (sur la table avec les tasses de café et le chat…).
J'ai hâte de voir comment il s'intègre à mon workflow au fil du temps !
Je vous tiens au courant.
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